02. Artistes

Cameron Jamie

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Piste pédagogique

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CAMERON JAMIE
Née 1969 à Los Angeles, États Unis
Vit et travaille à Paris, France 

Œuvre 1-2
Untitled, 2013
Céramiques émaillées; terre cuite émaillée

| La Sucrière

Description

Une dizaine de sculptures en céramique émaillée sont posées au sol. Sur ces petites tours hautes de plus d’un mètre on voit les traces de la main de l’artiste qui a façonné la matière, l’argile. On reconnaît dans ces sculptures des détails rappelant des visages mi humains mi animaux, humains et animales, des formes entrelacées, fondues, fusionnées. Apparence mi- osseuse, mi- rocheuse dans une gamme colorée allant du marron au doré. On peut voir émerger dans ces sortes de totem, des créatures élégiaques. Le visiteur circule entre elles, les observe, leur fait face. Que ressent-il alors dans ce face à face ?
Les sculptures sont le prolongement tridimensionnel de dessins à l’encre de chine antérieurs (2000), dans lesquels on retrouve les mêmes principes plastiques : exécution rapide, lignes et formes entrelacées, figures chimérique.
Dans l’argile, il retrouve le support des premières créations de l’enfance, un rapport primitif, magique, à la substance organique.
« Beaucoup de ces créatures fragiles ne survivent pas jusqu’à l’exposition », explique Cameron Jamie. « Dans la céramique, Il y a beaucoup d’échec, de casse, une forte dimension expérimentale », c’est une rencontre alchimique entre des forces contraires. L’artiste cuit ses pièces à plusieurs reprises créant des fragilités, des affaissements. 

Pistes d’exploitation 

Ces sculptures semblent nous interroger sur la nature de la condition de l’homme et sa destinée tragique d’animal social. La pratique protéiforme de Cameron Jamie donne corps à une investigation permanente et radicale du regard que nous portons sur nous-même et sur le monde en général.
En renouant avec la céramique - art du feu ancestral - Cameron Jamie en célèbre le caractère profondément temporel, séquencé par le rythme des cuissons et l’émaillage de l’argile. Au plus proche d’un cycle naturel, cette humilité de moyen et cette relation intime à la matière situent le travail de Cameron Jamie aux antipodes d’un art contemporain industriel et spectaculaire.

Pour aller plus loin

-          Tirées de la culture populaire son travail est le reflet d’une tradition qui évolue selon l’état d’esprit d’une population.
-          Objets sacrés / rituel contemporain.
-          Évocations liées aux qualités d’une matière, l’argile.
-          Il utilise un médium qui n’est pas très courant dans l’art contemporain, avec une gamme coloré passée. Par la pratique du modelage, il assume un geste artistique enfantin, primal.
-          Référence citée par R. Rugoff : Ken Price, sculpteur céramiste américain/céramiste moderniste
-          La matière comme mémoire du geste, le geste comme vecteur sculptural.
-          L’incidence du geste dans la forme définitive, le geste définit le processus global qui aboutit à l’objet.
-          Corps et matière : corporéité de l’objet sculptural.
-          L’inscription d’une temporalité ou de temporalités conjuguées dans la matière.
-          Le vivant et l’inerte : la matière comme substrat du vivant, inscription du geste évolutif ou caractère évolutif de la forme.

Pistes pédagogiques, liens aux programmes scolaires

→ 6eme : Fabrication de l'objet : « Fins poétiques, sensibles et imaginaires de l'objet ». Le rôle de la matière et le lien au geste opératoire, tradition. Le statut de l'objet.
→ 3° :Prise en compte de « l'espace et du temps comme éléments constitutifs de l'oeuvre ». Modalités de mise à l'espace des sculptures et technique de la céramique liée à une temporalité qui s'inscrit dans la matérialité de l'objet.
→ Seconde :  « L'expérience de la matérialité » ;  la matérialité ou le rapport entre la réalité et les qualités matérielles de l'œuvre : processus de transformation de la matière par la pratique artistique.
→ Première option facultative : « Les procédés et les processus de la représentation », l'incidence des moyens techniques.
→ Terminale spécialité : L'œuvre, filiation et rupture.

Regroupement(s) thématique(s)

Matériau / Matérialité
L’œuvre et son dispositif de présentation
Temporalité
L’objet dans l’œuvre 

Des mots pour en parler

Culture populaire, Art / Artisanat 

 

Œuvre 2-2
Front Lawn Funerals and Cemeteries, 1984 - en cours
35 photographies noir et blanc

| Le macLYON

PrésentationPhotographies prises de jour, tirage argentique Noir et Blanc.
Ensemble de photographies en noir et blanc encadrées et exposées au mur

Au macLYON sont présentées une trentaine de photographies accrochées comme un nuage sur la cimaise. Cette série de photos a débuté quand l‘artiste avait 14 ans durant la fête d’Halloween, célébrée dans le quartier de son enfance à Los Angeles.
On y voit des façades et des jardins de maisons d’un quartier de la classe moyenne défavorisée à Los Angeles décorés pour l’occasion : fausses tombes, ersatz de corps mutilés, zombies, pendus, cranes, toiles d’araignée et autres créatures répugnantes sont mises en scène. Il est difficile de dater ces photos cependant des inscriptions dans les décors reflètent l’attention angoissée/ paranoïaque des habitants face à l’actualité de leur pays, « R.I.P. Ben Laden », d’autres sont empreintes d’humour « R.I.P. Disco ». On note de forts contrastes entre les éléments photographiés comme par exemple un vélo d’enfant laissé à côté d’un simulacre de plaque mortuaire. Aucune présence humaine n’est visible, les silhouettes des mannequins créent l’ambigüité et le malaise. La limite entre fiction et réalité est faible. Certaines images pourraient nous faire croire à une scène de crime avec une théâtralisation qui rappelle celle des films d’horreur. Cette série toujours en cours de réalisation est une sorte d’inventaire qui montre une société ayant peut être  besoin de jouer « à se faire peur ».
Ces mises en scène seraient-elles une manière de vaincre la peur dans une ville connue pour être une des villes les plus violentes du monde ?
Une sorte d’exutoire collectif pour vaincre des angoisses liées à un environnement hostile ?

Pistes d’exploitation 

-          Travail sur la série en photographie.
-          Élaboration d’un principe de prise de vue et formulation d’un protocole au service d’une démarche artistique.
-          Le rôle de la répétition. La série comme stratégie plastique.
-          Construction du sens dans la co-présence d’images dans l’espace de présentation.
-          Le dispositif de présentation des images : son rôle dans la construction sémantique et sa dimension déterminante dans la réception esthétique. Impact sur le spectateur, effet spectaculaire,…
-          Laphoto documentaire / artistes outsiders
-          Limite ambiguë entre la réalité et la fiction
-          La photo comme support de narration

Pour aller plus loin

-          Le travail de cet artiste californien s’inspire de l’histoire et de la culture américaine ainsi que de ses propres mythologies. Observant le tissu social et familial des classes moyennes et pauvres des banlieues américaines, l’artiste se plonge dans l’univers de la jeune génération et transpose dans son œuvre les codes esthétiques de la culture populaire et underground. Il nomme un « théâtre social » : l'étude de phénomènes vernaculaires, de pratiques collectives marginales, de rituels contemporains.
-          Halloween est une fête anglo-saxonne, importée aux E-U par les anglais à la fin du XIXème siècle, elle correspond à « la veillée de la Toussaint » soit la fête des morts. Si la lanterne citrouille Jack-o’-lantern est l’emblème de cette fête, on voit avec les photos de C.Jamie que l’on va de plus en plus loin dans l’horreur et le réalisme. Si une légende était à la base de cette fête, aujourd’hui la violence et les faits divers augmentés d’une culture du film d’horreur deviennent la source d’inspiration.
-          C. Jamie est un artiste protéiforme, il est connu pour ses performances dans les années 90 et plus récemment pour son travail de dessin et de sculpture céramiques (voir œuvre à La Sucrière). Il pratique également la vidéo et la photographie.

Pistes pédagogiques, liens aux programmes scolaires

 Images, œuvres et réalité. L’image comme mise en scène de la réalité.
 L’espace de l’œuvre, dispositif de présentation.
1er spécialité La figuration.
Option facultative → La représentation.

Regroupement(s) thématique(s)

L’image
L’œuvre et son dispositif de présentation 

Des mots pour en parler

Représentation du réel,  Artiste outsider,

Culture populaire

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Galerie
Cameron Jamie 5 photos
1/0

© Blaise Adilon

Cameron Jamie
Front Lawn Funerals and Cemeteries - 1984-en cours
La vie moderne | Le Musée d'art contemporain de Lyon (macLYON)
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© Blaise Adilon

Cameron Jamie
Front Lawn Funerals and Cemeteries - 1984-en cours
La vie moderne | Le Musée d'art contemporain de Lyon (macLYON)
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© Blaise Adilon

Cameron Jamie
Front Lawn Funerals and Cemeteries - 1984-en cours
La vie moderne | Le Musée d'art contemporain de Lyon (macLYON)
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© Blaise Adilon

Cameron Jamie
Toutes les oeuvres - 2014; 2015
La vie moderne | La Sucrière
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© Blaise Adilon

Cameron Jamie
Toutes les oeuvres - 2014; 2015
La vie moderne | La Sucrière