02. Artistes

Kader Attia

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Piste pédagogique

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KADER ATTIA
Né en 1970 à Dugny, France
Vit et travaille à Berlin, Allemagne

Œuvre 1-2
Traditional Repair, Immaterial Injury, 2015
Sculpture in situ, agrafes métalliques, fil de fer, ciment

| La Sucrière

Description

Intervention sur les fissures existantes au sol de la Sucrière par la pose d’agrafes. Les agrafes sont placées de façon irrégulière sur les fissures.

Pistes d’exploitation

La réparation est au centre de l’œuvre de Kader Attia, il raconte que le point de départ de cette problématique vient d’un cadeau qu’il a reçu d’un ami. Celui-ci lui a offert il y a plus de 15 ans une étoffe africaine raccommodée à l’aide d’un morceau de tissu vichy1 . Intrigué par ce présent, il fit de nombreuses recherches sur des objets africains très souvent réparés. Par exemple si un objet possède une valeur « sacrée » et qu’il est cassé il va être réparé afin de réactiver sa sacralité et lui apporter une esthétique supplémentaire. Cette action de réparation, contraste avec nos valeurs occidentales : nous avons tendance à jeter les objets abimés et à en racheter de nouveaux. L’artiste nous questionne sur notre consommation parfois excessive. Il soulève également le fait qu’en occident, il est dans notre culture qu’une réparation ne laisse pas de trace.
Réparer ce qui fut autrefois moderne est au cœur des interrogations de l’artiste. Ici il rend aussi visible l’histoire du bâtiment, un lieu de stockage de sucre de 1930, date de construction de la Sucrière, à 1990. Plus généralement Kader Attia nous pousse à ne pas oublier le passé.

Arts et Sociétés, Séminaire de la Fondation Hartung-Bergman, juin 2013, Par Thibault Boulvain, http://www.artsetsocietes.org/f/f-boulvain.html

Œuvre 2-2
Les oxymores de la Raison - Création Biennale 2015
18 écrans plats, 18 boxes
| La Sucrière

Description

Installation vidéo en open space de consultation d’archives, qui compose un essai sur la rationalité et l’irrationalité de la pathologie psychiatrique telle qu’elle est perçue dans les cultures extra occidentales traditionnelles d’une part, et dans les sociétés occidentales modernes d’autre part.

Pistes d’exploitation

Kader Attia présente une seconde œuvre à la Biennale de Lyon qui fait écho à la première. L’artiste travaille sur la réparation physique dans un premier temps pour glisser peu à peu vers la blessure psychologique due à un traumatisme comme sur cette seconde œuvre nommée Réparer l’Irréparable (2015).
Il s’agit d’un open space très étriqué et très bruyant ou de nombreux témoignages apparaissent aux écrans d’ordinateurs. L’artiste a lui-même interviewé des « spécialistes », c'est-à-dire philosophes, ethnologues, historiens, psychiatres, patients, guérisseurs, féticheurs, et inséré des archives personnelles et scientifiques pour montrer les différents traitements de la blessure mentale, du traumatisme. Il est important de savoir que ce travail sur le traumatisme a été déclenché suite à l’attentat du 7 janvier 2015 à Charlie Hebdo. Il soulève le traumatisme dû à l’événement mais également un traumatisme qui a fait ressurgir des blessures plus profondes notamment sur l’identité.

« Les événements des derniers jours confirment à mon sens l’importance de la notion de réparation. Ils sont le résultat des différentes blessures de nos sociétés. Qu’elles soient religieuses, politiques, culturelles, historiques, les blessures sont là, car on ne les a pas traitées. Aucune politique de post-colonisation n’a permis de réparer, ou tout simplement d’expliquer, les blessures et traumatismes, l’humiliation, le sentiment de spoliation de plusieurs générations d’immigrés, dont les ancêtres ont payé de leur vie – soit expropriés et affamés, soit engagés dans les armées coloniales, soit déracinés – ce qui me semble être encore un mal profond. »2

2Kader Attia : « Les blessures sont là, car on ne les a pas traitées », Le Monde.fr, 19.01.2015, Par Philippe Dagen, http://www.lemonde.fr/arts/article/2015/01/19/kader-attia-les-blessures-sont-la-car-on-ne-les-a-pas-traitees_4558696_1655012.html#

Des mots pour en parler

Blessure, réparation, identité,
Territoire, conflit, unifié, immatériel

Pour aller plus loin

- Les enjeux de ces œuvres sont nombreux : économique, identité, image de la blessure, réflexion sur le conflit et la division, ici l’artiste dévoile son souhait d’unifier.
- Implantation de l’œuvre dans son site, l’œuvre comme système associé au lieu.
- Corporalité et corporéité.
- L’œuvre et la prise en compte de la multiplicité des visions du monde, les métissages culturels. (Terminale : l’œuvre et le monde).
- Comment l’œuvre peut-elle incarner une vision du monde ? La dimension ethnologique de l’objet artistique, lien entre la forme édifiée et le rituel, esthétique qui participe et codifie des fonctions magiques…

Références

Actualité : Tension entre différents territoires et attentat Charlie Hebdo
Histoire : colonialisme
Histoire de l’art : sculptures primitives

Pistes pédagogiques, liens aux programmes

3° : L'espace, l'œuvre et le spectateur
Terminale spécialité : L'œuvre, le monde/l'espace du sensible/ l'œuvre, le monde
Terminale option facultative : le statut de l'œuvre et sa présentation
Mots clés : Blessure, réparation, identité, territoire, conflit, unifié, immatériel.

Regroupement(s) thématique(s)

L’œuvre, le monde ; l’œuvre et son contexte
Le sonore
Le dispositif de présentation
Art et sciences

 

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Galerie
Kader Attia 6 photos
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© Blaise Adilon

Kader Attia
Les oxymores de la Raison / Reason's oxymoron - Création Biennale 2015
La vie moderne | La Sucrière
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Kader Attia
Les oxymores de la Raison / Reason's oxymoron - Création Biennale 2015
La vie moderne | La Sucrière
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Kader Attia
Traditional Repair, Immaterial Injury - Création Biennale 2015
La vie moderne | La Sucrière
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Traditional Repair, Immaterial Injury - Création Biennale 2015
La vie moderne | La Sucrière
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Kader Attia
Traditional Repair, Immaterial Injury - Création Biennale 2015
La vie moderne | La Sucrière
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Traditional Repair, Immaterial Injury - Création Biennale 2015
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