02. Artistes

Nguyen Trinh Thi

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Piste pédagogique

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NGUYEN TRINH-THI
Née en 1973 à Hanoi, Vietnam

Où elle vit et travaille 

Œuvre

| La Sucrière

Landscape Series #1, 2013
Projecteur diapos 35 mm  - Cartes postales (noir et blanc)  - 24 photographies couleur 

Description

Installation comprenant 4 dispositifs de monstration d’un même ensemble photographique.
Toutes les images sont liées par un même geste : celui de montrer du doigt un paysage, une blessure…
Les cartes postales : Les images des cartes postales ont été retravaillées par l’artiste en noir et blanc, également un effet flou gaussien encadre les photos.
Au dos, les mentions légales de la poste et une légende de l’image.
Projecteur diapos : L’objet produit du son, les images sont en couleur, nous avons du mal à définir s’il y a un début ou une fin car les diapos tournent en boucle.
24 photographies couleur : Encadrées et accrochées au mur, ici un sens de lecture nous est proposé de gauche à droite.
1er image : le soleil. Ensuite des personnes montrant du doigt un paysage.
Le cadrage se resserre sur les gens, sur ce qu’ils montrent du doigt, mais ne donnent aucune réponse concrète, puis des images de blessure en lieu et place d’une métaphore.
La dernière image est celle d’un jeune homme dont le visage est en partie caché par un tissu qui montre du doigt en direction de l’objectif. 

Pistes d’exploitation 

-          Par sa répétition, le geste « montrer du doigt » acquiert une dimension dramatique. Le spectateur est pris à partie (notamment par la photo du jeune homme montrant l’objectif du doigt). Nous sommes les témoins d’une histoire qui ne peut-être que fictive (l’artiste parle de « voyage fictif »). Le spectateur doit se faire son propre récit.
-       La notion d’image : L’artiste collecte ces images sur Internet, dans la presse… Elles sont décontextualisées. Une image a donc une capacité à raconter des récits multiples en fonction de son mode de présentation ou/et d’une légende qui l’accompagnerait. Idée qui peut être mise en lien avec l’utilisation des images de presse aujourd’hui : une même banque de donnée d’image pour toute la presse, une image peut être utilisée afin d’illustrer des articles différents.)
-       La démarche de l’artiste qui utilise la photographie, mais n’est pas photographe. Comment un artiste peut s’approprier un médium sans le pratiquer techniquement, mais ne s’attacher qu’aux images produites ?
-          La récurrence, la répétition du geste qui désigne quelque chose, quelque part, dans l’espace. L’impact de la répétition qui finit par nous forcer de nous interroger sur cette fonction déictique du geste : que nous est-il montré ? Qu’y a-t-il à voir, à savoir, à transmettre, à témoigner…?
-          Le paysage comme témoin silencieux de l’histoire. Qu’est-ce qu’il nous montre ? Pourquoi ? Que s’est-il passé ? Si c’est le lieu d’un fait, à quels indices accédons-nous ? 

Pour aller plus loin

La boucle de la projection des diapositives instaure une temporalité sans commencement ni fin. Ainsi peut s’opérer un retour à la notion d’histoire, et à sa mise en question quand elle borne historiquement des faits, quand sa lecture sert une notion de progrès…
L’accrochage des vingt photographies provoque une circulation du regard, avec un rythme interne, au plan plastique, que produit l’alternance d’images en couleur et en noir et blanc, l’alternance de fonds des cadres blanc et marron kraft, mais également au plan iconique : le regard est balloté par le voisinage de gestes orientés dans des directions différentes…
-        Aussi se pose la question du sens de lecture : lequel est-il ? Pourquoi ? Les deux extrémités sont signifiantes : à gauche, l’image du soleil ; à droite, un personnage pointe le photographe. Le soleil pourrait être la métaphore de la vérité : il est impossible de regarder le soleil en face, sinon au risque de n’y plus rien voir. Et de l’autre côté, le personnage, en pointant le photographe, pointe à travers lui le regardeur : que voyons-nous ? Que sommes-nous réellement prêts à voir ? Quel sens faisons-nous des images que nous regardons ?
-        en noir et blanc, également un effet flou gaussien encadre les photos.
L’objet carte postale. Objet de récit, de voyage. Plusieurs pistes pour cet objet
-        Le traitement des images d’abord: les images des cartes postales ont été retravaillées par l’artiste de manière à évoquer une image ancienne, avec au dos une légende qui semble raconter objectivement ce qu’il se passe, par ex : un champ mis en vente. Véracité de la légende ? Cette légende donne un sens concret à l’image qui, mise en regard avec son analogue (sur le mur ou diapo), questionne la réalité du récit que le spectateur avait construit. Un jeu entre réalité et fiction.
-        Également, la mention légale de la poste : « Tous les pays étrangers n’acceptent pas la correspondance au recto, se renseigner à la poste » - peut faire écho à la censure au Vietnam, par ex : le 1er septembre 2013 le décret 72 interdisant de parler d’actualité sur les réseaux sociaux. (La censure dans son pays est au cœur des préoccupations artistiques de l’artiste.)
-        Pour finir, le spectateur est invité à écrire son récit au dos de cette carte et de le transmettre à un tiers. C’est un dispositif interactif.

Pistes pédagogiques, liens aux programmes scolaires

-        5° : Images, œuvres et fiction
-        4° : Images, œuvres et réalité
-        Première spécialité : figuration et construction.  Espaces que détermine l'image et qui déterminent l'image. Espaces d'énonciation de l'image. Les espaces contenus dans les images.
-        Terminale option facultative : l'aspect matériel de la présentation

Regroupement(s) thématique(s)

L'oeuvre et son dispositif de présentation
L'image
Lumière / Regard

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Galerie
Nguyen Trinh Thi 3 photos
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© Blaise Adilon

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